L'IA dans une PME ou une ETI, ce n'est pas la version réduite de ce que font les grands groupes. C'est autre chose : pas de DSI pour filtrer, pas de budget projet, un dirigeant qui décide vite, et des fournisseurs qui poussent. Le risque n'est pas d'aller trop lentement. C'est de se faire imposer un rythme.
Sans DSI, sans budget projet
Dans une PME, l'IA arrive par le compte personnel d'un collaborateur, par l'expert-comptable qui en parle, par le fils du dirigeant. Elle est là avant qu'on ait décidé quoi que ce soit. Il n'y a personne pour dire ce qu'on peut y mettre, et le dirigeant découvre un jour qu'un devis client a été relu par un outil gratuit, données comprises. Ce n'est pas une faute. C'est l'absence de règle.
L'avantage qu'on oublie
Une PME décide en une réunion ce qu'un groupe met un an à valider. Le dirigeant peut, un lundi, dire à quoi sert l'IA chez lui, ce qu'on y met et ce qu'on n'y met pas, et qui a le droit d'essayer. Il n'a pas besoin de comité. Il a besoin d'une heure de réflexion, et de le dire. La plupart ne le font pas parce qu'ils attendent de comprendre l'outil. Ils n'ont pas besoin de comprendre l'outil. Ils ont besoin de décider ce qu'ils veulent.
Ne pas se faire imposer un rythme
Les fournisseurs vendent l'urgence. Il faut y aller maintenant, les concurrents y sont, vous prenez du retard. C'est parfois vrai, c'est surtout un argument de vente. Une PME qui décide de son rythme, un usage bien installé à la fois, avec des gens qui savent vérifier, va plus loin qu'une PME qui a acheté dix licences en janvier et qui les a laissées dormir en juin. La cadence est un des quatre axes de notre diagnostic, précisément pour cela.
Trois gestes, dans l'ordre
Dire la règle. Ce qu'on met dans un outil, ce qu'on ne met jamais, en une page. Ça se fait en une matinée avec ceux qui utilisent déjà. Former l'équipe. Une journée dans vos locaux, sur vos documents, finançable par l'OPCO, à partir de quatre personnes. Choisir un usage, et le tenir. Un seul, celui qui fait gagner le plus de temps avec le moins de risque, et le mesurer à quatre-vingt-dix jours. Le deuxième vient après, pas en même temps.
En Normandie
Insuffle est à Deauville, et travaille avec des PME normandes depuis quinze ans, sur bien d'autres sujets que l'IA. Pour un dirigeant de PME, cela veut dire quelqu'un qui passe vous voir, qui connaît les contraintes d'une boîte de trente personnes, et qui ne vous proposera pas un accompagnement de douze mois quand une matinée suffit. Le premier échange de trente minutes sert à ça : dire honnêtement ce dont vous avez besoin, y compris quand c'est peu.
Dans l'ordre
Dire la règle. Ce qu'on met dans un outil, ce qu'on ne met jamais, qui a le droit d'essayer. Une page, écrite en une matinée avec ceux qui utilisent déjà. Le dirigeant la dit à voix haute.
Former l'équipe. Une journée dans vos locaux, sur vos documents, à partir de quatre personnes. Éligible OPCO. Tout le monde repart avec la même règle et les mêmes prompts.
Choisir un usage et le tenir. Un seul : celui qui gagne le plus de temps avec le moins de risque. Mesuré à quatre-vingt-dix jours. Le deuxième vient après, pas pendant.
Vos questions
Ce qu'on nous demande sur ce sujet, et ce qu'on répond.
Comment une PME doit-elle aborder l'IA ?
En trois gestes, dans l'ordre : dire la règle, ce qu'on met dans un outil et ce qu'on ne met jamais ; former l'équipe, une journée dans ses locaux ; choisir un seul usage et le tenir quatre-vingt-dix jours. Sans DSI, sans budget projet, et sans se faire imposer un rythme.
Une PME sans service informatique peut-elle utiliser l'IA en sécurité ?
Oui, avec une règle d'une page : quelles données ne vont jamais dans un outil grand public, ce qui est toujours relu. La règle compte plus que l'outil, et elle s'écrit en une matinée.
Faut-il aller vite ?
Non, il faut décider de son rythme. Un usage bien installé, avec des gens qui savent vérifier, vaut mieux que dix licences achetées en janvier et endormies en juin. L'urgence est d'abord un argument de vente.
